The L World.
Je suis pas très bonne en géographie.
J'ai pas eu cette carte là, au tirage universel. Y a sûrement des nanas qui l'ont eu, genre elles répondent à toutes les questions de Julien-tout frisé-Leperse, mais moi, que dalle. C'est à peine si je sais combien y a de pays dans l'Europe. Ma foi, on vit bien en perdant toute sa vie au Trivial Pursuit, c'est juste ... une habitude à prendre.
De toute façon, mon monde à moi, celui qui fonctionne sans capitalisme tordu, ni communisme torturé, et essentiellement composé d'unions.
De pays où l'on vit à deux. D'une langue commune, plein de bleu et de rouge. De mots dont l'importance est dans la façon de les prononcer.
D'un pays où Superman n'a rien d'un mythe, parce que c'est moi, Superman. (Même sans le tee shirt.)
Un pays où les murmures au milieu de la nuit sont une langue, pas une bribe de rêves dont on ne se souvient qu'à moitié, le matin. Dont on ne veut pas se souvenir, parce qu'on a encore dit des conneries comme ... Je-te-n'aime, je-ne-te-quitterai-jamais, tu-es-la-seule-the-only-one-j'te-jure.
Dans mon monde à moi, ce genre de phrase ne s'efface pas d'un coup de j'étais-bourrée-j'étais-fatiguée-je-ne-t'ai-rien-promis.
Les codes sociaux ne sont pas les mêmes non plus.
On peut passer 3 plombes assises l'une à côté de l'autre sans prononcer un mot, sans que ça fasse plan 'Harry, un ami qui vous veut du bien' (En fait, j'ai même jamais vu ce film, mais rien que l'affiche me fait flipper. Sérieux, un oeil derrière un trou de serrure ? Brrr)
Et même que pendant cet intervalle silencieux même pas flippant, un effleurement de main peut être complétement torride. Et s'extasier dessus, silencieusement toujours, pendant les 2h59min restantes, ça n'a rien de NianNian.
Rien du tout, vous dis je, arrêtez de me regarder comme si j'étais une princesse.
Les prénoms ne servent à rien. C'est une clé, pour une serrure qui n'a pas de signification dans mon monde.
On rebaptise, même si ça fait un peu Indien dans la ville. J'ai jamais appelé queqlu'un tasse-à-café, mais canne-à-pêche, c'est déjà arrivé.
Le retour du regard mouillé 'Oh-la-jolie-princesse'. On arrête toute suite, où j'allume une torche.
Du coup, quand les unions se désunionnisent (ça n'existe pas, et c'est bien dommage), j'ai plein de mots à éviter. Je ne fais plus de crêpes. En fait non, Je n'ai plus envie de crêpe (vous le sentez mieux là, le sous entendu bien graveleux ? Bande de petits cochons. Faites attention de ne pas laisser trainer vos yeux derrière une serrure, parce que vos pensées salaces consituent un antécédent, dans mon monde.)
J'vous dis pas comment c'est chiant à la chandeleur.
Oh, je ne gomme plus non plus. (Ne cherchez pas le graveleux là, y en a pas. Et puis, ça va vite devenir dégueulasse dans vos têtes. Trop tard ? Tant pis pour vous, bande de petits cochons ! 2ème avertissement. Au 3ème, c'est éxécution en place publique, pendu par les cheveux jusqu'à ce que mort s'en suive. Et oui, dans mon monde, les codes de justice ne sont pas les mêmes n'ont plus)
Euh n'est plus une expression que j'emploie. Surtout pas collé trait-d'unioné (ça n'existe pas et c'est dommage bis) à un mot banal-euh (preuve par l'exemple).
Ca tombe bien, ce genre d'emploi est très rarement nécéssaire dans le monde moche.
Les chansons aussi, y en a qui déclenchent les chutes du Niagara dans mes yeux, et qui mettent inexorablement en route le processus de défense le plus utlisé dans ma tête : La-fuite-vers-un-endroit-où-il-y-a-personne-pour-te-voir, un-trou-ça-serait-très-bien.
Alors quand je suis avec les copines, pas trop de problèmes, à part un regard incrédule.
Quand 1) j'essaie des fringues dans Etam, et que je me suis pris la tête avec la conasse de vendeuse -taille 34, je l'apelle dans ma tête - qui pense que oui, se foutre de la gueule d'une autre femme qui pleure comme si elle avait un déreglement hormonal, c'est une vengence honorable (poufiasse !). La situation peut également être valide dans un café avec une conasse de serveuse - celle là s'appelle '3€80 le café noir', ce qui est également très insultant quand on réfléchit.
2) je prends le petit déj' avec mon père, et la radio. Et la radio entame l'intro de cette chanson que je connais par coeur, et Hop. Les chutes du Niagara. Mais en bonne fifille, j'ai des tas de secrets pour mon père. Là, ça craint grave. La tactique consiste essentiellement à trouver un prétexte, n'importe lequel -ça va de la pause pipi, à 't'as vu Papa, des extraterrestres !' le doigt pointé vers la fenêtre- mais vite, vite, dehors. Et après, cf processus de défense.
3) En cours, un pote de promo prononce un mot. Et malheureusement, ce mot n'est pas employé que par lui. Une bonne dizaine de paroliers défoncés à je sais pas quoi le cale un peu partout dès qu'ils ont un problème de rimes. Ce mot entraîne le début de la chanson à l'intérieur de ma tête. Ce qui rend le scénario en plus de pathétique, incompréhensible pour tout le monde. Parfois même, y compris pour moi.
Sauf qu'en cours, la pause pipi est mal vu, et que les extraterrestres, ça vous emméne tout droit à l'HP le plus proche.
Là, je ferme les yeux. Très fort. Très très fort. Et j'essaie de n'entendre que la voix du prof (vous aviez oublié qu'il était là ? Moi aussi).
J'ai été expatrié. Voilà, comment je me sens. Je n'appartiens plus à rien. La seule chose, ou du moins la seule dont je me souvienne, à laquelle j'ai jamais voulu appartenir m'a foutu dehors plus vite qu'il ne faudra de temps à Marine pour renvoyer façon charter tous les trop-bronzé/pas-assez-français dans ce qui correspond géographiquement à Chez-eux.
La géographie, c'est de la merde.
On, est un cOn.
On m'a dit ...
On m'a dit que je ne savais pas prendre décisions mais que je savais voir les choses importantes.
On m'a dit qu'il fallait que je me calme mais qu'on aimait le fait que je m'énerve pour un rien, que je ne sois jamais d'accord.
On m'a dit que j'étais tétue mais de ne jamais abandonner.
On m'a dit de parler mais qu'il fallait que je me taise.
On m'a dit que j'étais quelqu'un de bien, que je méritais mieux mais on m'a aussi dit que j'étais une salope manipulatrice.
On m'a dit qu'on ne pouvait pas vivre sans moi mais qu'on ne voulait plus me voir. Que c'était mieux comme ça.
On m'a dit que je comprenais les silences mais que je ne les entendais plus.
On m'a dit
Tout passe, prends ton temps. Mais dépêche toi, quand même.
Tu rationnalises trop, respire. Mais n'oublie pas de réfléchir.
Arrête de t'inquiéter tout le temps, Mais fais attention à tout, à tout le monde.
J'ai envie de toi, je ne veux plus jamais que tu me touches.
Je veux un calin, j'ai besoin de toi, Mais non, on est pas un couple.
Fais attention à ce que tu manges, tu es trop maigre.
Tu es une égoïste, Tu devrais faire plus attention à toi, te préserver.
Je te promets, tu ne pleureras pas à cause de moi. Jamais. Tu veux un mouchoir ?
C'est normal que tu te sentes mal, mais là, ton deuil m'emmerde.
Je t'aime, tu me manques. Je t'ai parlé de ma nouvelle copine ?
Si on est un con, je cherche Elle. Mais putain, Elle est où ?
Quelqu'un de très avisé m'a dit un jour que le silence pouvait être une torture.
Une torture sans fin, visiblement.
Je me tais quand j'ai peur des réponses. Je sais que je devrais me faire violence, te faire violence, voir tout casser, foutre le feu et danser une espèce de folie destructrice sur ce qu'il reste ... Là, je m'emporte un peu.
Je sais que je devrais parler ... ou me taire à jamais.
J'adorerais que tu parles, spontanément. Que tu me dises que je ne suis pas un passe temps de choix. Que tout ça n'est pas une bulle de passé qui finit par exploser.
Mais ça ne viendra pas. Jamais.
Ca n'est pas une crise habituelle. Ca n'a rien d'habituelle. Ca craint.
Quand Rantanplan aura appris à nager, peut être ...
J'ai rêvé de toi, cette nuit.
Enfin, de toi .... De l'absence de toi, surtout. J'ai passé la nuit à te courir après.
J'ai nagé, volé (me demande pas comment), galopé (oui, oui, sur un
canasson ayant un joli comportement canin, on aurait dit Rantanplan
croisé avec Jolly), autant dire que je n'ai pas lésiné sur les moyens,
ni sur les efforts physiques (parce que sur la route, j'ai sauvé une
petite fille de multiples piqûres de taons, quand même. Chasser la
donzelle n'empêche pas d'être héroïque, oui Madame.)
Le tout dans une ambiance Far West moderne : de la poussière, des types
crado qui causent avec leurs carabines avant de faire une phrase, des
kilomètres de routes à la con (sur lesquelles j'ai couru, à défaut
d'autres moyens. C'est ça, quand Rantanplan était occupé à se noyer
dans la rivière), et parfois, un groupe de cabanes en bois bourrées de
crétins, bourrés eux aussi.
Mais tu n'as cessé de disparaître.
Tout le temps. Je me souviens très bien de cette sensation là. J'arrive
à la fin de la route, et tu es sensée y être. D'ailleurs, j'en suis
persuadée, à chaque fois, tu es là, et j'arrive ... et non. Personne.
Mais comme je ne me décourage pas vite, je recommence à courir et ... rebelote. Même mon inconscient est têtu comme une mûle.
Je pense que l'interprétation de celui ci n'est pas trop difficile, sachant que l'inconscient exprime essenciellement les peurs qu'on ose pas formuler le jour.
Le gel, ou comment rendre fragile au Vent.
J'avais commencé à écrire un truc gai. Un truc rigolo. Et puis, mauvaise manip', et le refresh de canalblog qui ne garde rien de ce qui a été écrit, j'ai tout perdu. Signe ou hasard malvenu, je suppose que tout dépend du point de vue.
Et le point de vue dépend du contexte.
Ce qui était vrai hier, ne l'est plus vraiment aujourd'hui. La faute à la nuit affreuse, ou au fait que la réalité nous rattrape toujours trop vite. Aujourd'hui, tout ce qui me rend gai c'est que les rêves de la nuit ne sont pas réels, même si ça n'est pas toujours le cas.
J'avais des rêves que je voulais vivre le jour. J'avais des rêves ... du bleu, du rouge, et des machins. Eux aussi ont été rattrapés par la réalité. Comme moi.
Aujourd'hui, pas un sourire, pas un mot. Le froid, partout et ce malgré les deux pulls, deux pantalons, chaussettes, mitaines, et litres de café.
Qu'est ce qui réchauffe les 'freezed inside' ?
Tome 1, Partie 1 : Amertume, retour de plume et Tracy Chapman.
Écrit avec, ce qui veut dire un, en écoutant.
Tout se sépare en deux. Toujours.
Bien et Mal, Blanc et Noir, Terrestre et Extraterrestre, Homme et Femme, Vous et Nous ... Toi et Moi.
Moi peut même être scindé en trois, c'est dire.
Et toute union forme une autre séparation. C'est inextricable, et risible de répétition.
Il y a ce que je ressens toujours, qui brûle le placard où je l'ai rangé, et ce que tu ne ressens plus.
Le même feu, Union, mais qui n'existe plus en même temps, Séparation.
Il y a la foule de souvenirs, de fantômes presque, d'ombres pas assez, qui se baladent dans ma tête vie. Ils sont là, je les vois, les sens, et parfois, quand mon inconscient se décide à répondre au manque, les goûte. Union. Mais ils n'existent plus. Séparation.
Il y a ce que je veux. L'Union. Et ce qui est arrivé. La Séparation.
Je sais que je ne devrais plus le vouloir. Que je devrais le vouloir avec d'autres. Je le veux presque, pas assez. Union. Mais je n'ai envie que de toi. Séparation.
Je devrais me spécialiser en lancer de cactus, j'ai l'air douée en erreur de débutante pas finaude.
There's nothing, I wouldn't give
...
A.A
JF, cherche étincelle pour rallumer le brasier.
CDD précaire, non motivée s'abstenir. Mission risquée et complexe, les conditions météo humides n'aidant pas à allumer un feu, ou même un briquet. (Bah oui, vous avez déjà essayer d'allumer un truc sous la pluie, vous ? Et Dieu sait qu'il pleut, en ce moment. En fait, je devrais peut être appeler Noé, tout bien réfléchis.)
Tu aimes les poètes maudits, les amoureux transis, la passion sans nom et la colère sans conscience ?
Tu as un stock de biafine suffisant pour soigner les coups de soleil d'une armée perdue au milieu du désert pendant 3 mois ?
Rendre la vue à une aveugle ne te fait pas peur ?
Hésite et réfléchi avant d'envoyer ton CV et ta lettre de non motivation, surtout. Je clignote plan galère, emmerdes à n'en plus finir, butée en puissance.
Chasse à la muse.
Fidèle envers et tout contre toi ...
Ça n'a rien d'une promesse. On a pas besoin d'un cadenas en plus, et mes chaînes font suffisamment de bruits toutes seules. Je fais autant de bruit que le bonhomme en fer blanc version non huilée, avec mes boulets dont je galère à me détacher.
Ça n'a rien d'une promesse, parce que mes promesses sonnent fatalité, sonnent obligation, et je ne me sens obligée de rien. Je ressens, juste. Peut être différemment, peut être trop fort, peut être pas dans le bon sens. On s'en fout au final, le résultat est le même. Je sens. Et je peux brisée une promesse. Je ne peux pas aller contre les battements les insensés, contre le grand huit interne qui secoue ce qui peut me rester d'estomac. Contre ma dépendance au calme que tu provoques, dedans.
Ça n'a rien d'une promesse, parce que j'en ai trop fait, aussi. Que je les ai payé le prix fort, et que je ne veux pas avoir avoir une ardoise de plus. On ne se monnaie pas, je ne compte pas les points.
Pandore, dernier arrêt.
Les seuls mots qui me viennent ne sont pas les miens, mais ceux d'un gratteux en costume et sa copine pianiste.
Je t'aime n'est pas suffisant. Et pourtant, je crois que je ne pourrais pas le ressentir plus.
Même si mes silences sonnent distance.
Tu hantes les moindres recoins de la boîte de Pandore qui me sert d'esprit.
Parles moi. Branche tes yeux aux miens, colle nos mains.
Parles moi.
Dis moi que je ne sers pas rien. Que je ne suis pas vaine. Dis moi que je suis.
Ne me laisse pas douter, je te soutiendrai. Jusqu'au bout, tant que tu as besoin de moi.
Regarde moi, et je parlerai.
Ne me laisse pas non-exister.
Je t'aime, et le monde ne semble pas être assez grand pour que j'arrête de tourner en rond.
Funeral Blues
"Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une / Démontez le soleil et remballez la lune / Asséchez l'océan, balayez les forêts / Car rien de bon ne peut advenir désormais."
Que je cite Auden aux yeux de tous ou que je chuchote la plus pathos des chansons de Pink, je n'ai pas le début.
J'ai tourné toute la nuit. Projeté à ne plus savoir d'où je suis partie, construit des tours de Pise sur des absentes de Halley. (la prochaine est pour le 28 juillet 2061. On a le temps)
J'ai paniqué, je me suis calmée, et j'ai re-paniqué.
En gros, je clignote de panique pure, enchaînée à une rage sourde créée par une oscillation entre l'inutile 'qu'est ce que j'ai fait, qu'est ce que je dois faire, où je vais ?' et le révoltant 'ce n'est pas moi, ce n'est pas juste'
Et voilà, j'ai de nouveau tout compliqué.
J'envie ces gens aux mots simples et tellement impudiques.
'Je t'aime, Reviens moi', c'est clair, concis ... obsène. J'ai J'aurais beau le ressentir du bout de mes cheveux jusqu'au fond de mon bide, ça ne sortira jamais comme ça.
Alors, je me mets en colère. J'hurle que tu n'as pas le droit, je chuchote que je ne veux que toi, et j'espère très fort que tu comprennes. Ou juste que tu entendes.
J'ai tourné toute la nuit. J'ai mal au coeur, au propre, au sale, au figuré.
Je t'aime, Reviens moi.

